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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 13:14

 

 

Ça va être chaud pour moi de parler de Bye Bye Blondie sans évoquer d’abord King Kong Théorie, et oui, forcément,  on va déborder un peu de la critique ciné pour parler de trucs hardcore qui ont trait à la littérature et donc à la vie (lol).

 

 

King Kong Théorie fait parti de ces bouquins qui m’ont radicalement transformé et pour lesquels je voue un culte profane et déglingué. Il y a une     poignée de livres comme ça, my own private pléiade, mon top of the tops pédé,  des textes dont je ne parviendrai jamais à épuiser les ressources et qui n’auront jamais finit de me réécrire, politiquement et intimement. Une fois par mois, par semaine, à mesure que je les relis, que je les digère, que je les cite, que je les corne, c’est comme une infusion, une langue maternelle que je retrouve et qui me rend plus fort. Ce sont, entre autres, Nicolas Pages, Histoire de la Sexualité, Surveiller et Jouir, mais King Kong Théorie est ailleurs, avec sa puissance rien qu’à lui, car, pour le dire avec la voix-off du trailer de Prometheus : « c’est par lui que tout a commencé ». J’avais 20 ans : je ne lisais pas beaucoup et j’étais super énervé. C’est dans cet interstice qu’est venu se placer King Kong Théorie, tel une clé de voute, à un moment où je cherchais à mettre des mots sur des choses. C’est donc Virginie Despentes qui m’a enseigné l’urgence de lire et la nécessité de formuler mes révoltes, et qui du même coup m’a propulsé vers un nouveau pallier d’engagement – au sens de ce que tu vas investir personnellement dans la balance des pouvoirs pour la renverser. Je suis venu à la lecture par Despentes et à l’écriture par Dustan : Virginie et Guillaume, mes deux pères en littérature, poing levé + bite en l’air + amour inconditionnel. LOVE.

 

 

 

 

Je ne tiens pas à confisquer King Kong Théorie pour autant : c’est un livre culte, sans équivalent, absolument générationnel, qui a inventé son propre lectorat et qui devrait se trouver dans tous les CDI, BU et BM de France en 5 exemplaires minimum. C’est notre putain de petit livre rouge. C’est donc avec un sentiment de confiance et de curiosité que je suis allé voir Bye Bye Blondie, comme si j’allais retrouver des potes, et c’est absolument ce que le film m’a donné : des potes et des bières.

 

Je me suis marré du début à la fin, sans savoir parfois si je me marrais avec ou aux dépends du film, tant le machin ne ressemble strictement à rien de connu. J’ai pensé à The Craft, à Premiers Baisers, au Guerriers de la Nuit et beaucoup à The L Word, les scènes punk avec Soko sont tout simplement génialissimes, Béatrice Dalle est monstrueuse au sens franchement monstrueux du terme, et je dis ça avec toute ma péteuse admiration, elle est fabuleuse, charnelle, carrément cinglée. Il faut la voir pousser son caddy de clocharde à l’intérieur d’un appartement bourgeois, sa 1664 à la main et sa roulée dans le bec, puis relever la tête complètement foutue vers Béart, incapable de reprendre son souffle, les cheveux plaqués sur son crâne comme ceux de Fran Dresher quand elle fait de la moto (puisqu’on est dans les références 90’s dégueu). Bye Bye Blondie est un film qui donne l’impression de n’en avoir strictement rien à foutre de tout et surtout de cinéma, le film est fauché, pas très beau (à un travelling sur punks près) agressif au possible, enchainant les répliques improbables (« Mais de quoi tu vis ? » « D’amour, et de solidarité… Et de quelques vols aussi ! ») et les règlements de compte (la scène où Béatrice Dalle pète un fusible chez les bourges et où tu te retrouve debout sur ton fauteuil le poing en l’air !!). Il ne fait aucun doute que Bye Bye Blondie donnera à certains le sentiment de se faire abonnement cracher à la gueule pendant 1H30, et je pense tout particulièrement à ceux qui ne tolèrent pas de voir au cinéma des femmes exister indépendamment des hommes et en dehors de leur regard. En ça, le film de Despentes est une œuvre politique nouvelle qui attrape le cinéma français par le cou. Si comme moi les films d’Honoré vous plongent dans un état de sidération épouvantée au point de vous faire caquer du sang, Bye Bye Blondie a des chances de vous plaire.

 

 

 

 

Je vais pas m’attarder sur la transition lesbienne du roman vers le film, Despentes en a déjà beaucoup parlé (d’ailleurs je n’ai pas lu le livre… AH le faux fan !!). Arrivé au dernier quart d’heure, on aimerait voir la chose exploser, les actrices se mettre à baiser pour de vrai, enfourcher des bécanes, tirer à vue, canarder du bourgeois, mais ça c’est un autre film, et déjà celui-ci s’achève qu’on se met à l’aimer très fort pour ce qu’il est et non pour ce qu’il aurait du être. Il y a : Lydia Lunch, du bruit, des trucs qui pètent, des bastons, du punk, tout est là, immédiat, barjot, les fans boivent du ptit lait. Enfin, du russe blanc. Ouh non, plutôt carrément une 8,6 bien tiède. Un vrai scandale.

 

 

 

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