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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 16:24

 

Lesbiennes et films d’horreur forment un tandem maudit dont l’origine se perd dans la nuit des temps ; ces âges odieux où l’on vénérait encore succubes babyloniennes et autres déesses gouines cannibales. Le lesbiannisme hante le genre horrifique avec plus ou moins de chair et plus ou moins d’homophobie, mais toujours avec un sens poussé du glam et de l’érotisme. Citons Gloria Holden dans la Fille de Dracula, Delphine Seyrig dans les Lèvres Rouges, Deneuve et Sarandon dans les Prédateurs, et Cécile De France dans ce film où un mec utilise une tête coupée comme fleshlight. Si les lesbiennes sont aussi nombreuses dans les films d’horreur, c’est sans doutes parce qu'elles sont des monstres, parce qu’on ne les voit jamais et qu’on ne sait pas à quoi elles ressemblent. Elles sont donc des vampires, des reines de la nuit, des sorcières et des tueuses psychopathes. A l’image de l’homosexualité masculine, le lesbianisme constituent un réservoir illimité de formes oppressives et de frissons faciles pour les auteurs de fictions hétéropatriarcales, quand ce n’est pas le genre horrifique lui même qui se retrouve piraté de l’intérieur par des auteurs-trices conscient-e-s du potentiel subversif et empowering de telles histoires. Pédé-garou et lesbo-ghoules, bien qu’ils procèdent d’une analogie ancienne entre vies queer et Forces du Mal, sont aussi capables de nous inspirer de la force, à nous spectateurs tordus, en tant que figures anti-héroïques désirables, marginales mais oh combien puissantes.

 

 

 

2012 nous a offert deux personnages lesbiens inoubliables : Pam dans True Blood et Lana Winters dans American Horror Story : Asylum. Si les fictions télé horrifiques ont donné aux gouines un éclairage nouveau et puissant, cela n’a pas été pas le cas du cinéma d’horreur, comme en témoignent ces trois reviews parfaitement superficielles.

 

 

 

 

The Moth Diaries

 

L’histoire

Un pensionnat de jeune fille est le théâtre de phénomènes lesbiens paranormaux. Une collégienne frigide et obsessionnelle mène l’enquête, tandis que sa meilleure amie tombe entre les griffes d’une vampire pro-ana d’un mètre quatre-vingt dix.

 

 

L’avis pédé

La première demie-heure du film est incroyable. On nage dans une ambiance pop’n’roll très Disney Channel, avec ce petit parfum gothique et dangereux annonçant une catastrophe lesbienne imminente. C’est un peu Sex Intention avec le coté mignon d’un Mean Girls, transposé dans un décor bien connu du cinéma de genre : l’école pour jeunes filles en uniformes. Tandis que le mystère s’épaissit, les tartes à la crèmes du genre nous pleuvent sur la gueule : délires mystico-menstruels, bruissement d’aile de papillon et vampirisme gouiné entre étudiantes blafardes. On sentait pointer le chef d’œuvre à la The Craft, puis non : le film se pète lentement mais surement la gueule vers une fin toute petite et toute conne.

 

Les plus

La première moitié, divertissante au possible. Les actrices qui en font des caisses, avec des tronches ahurissantes et ahuries. Une histoire de jalousie plutôt sympa.

 

Les moins

Le scénario et la mise en scène qui n’éveillent aucun mystère, aucun érotisme et trop peu d’empathie pour les personnages

 

Lesbaromètre Final

Océan menstruel agité à peu agité, frisson adolescent soufflant en dessous de zéros sur l’échelle de Créatures Célestes.

 

4/10

 

 

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The Pact

 

L’histoire

Une maison semble engloutir un à un ses occupants. La fille de l’ancienne propriétaire revient sur les lieux pour résoudre ce mystère, comptant sur l’aide d’un ancien plan-cul télépathe et héroïnomane, incarnée par un second rôle culte de Freaky Friday.

 

 

L’avis pédé

Qu’entend-t-on généralement par crypto-lesbien ? Quand on veut nous faire comprendre qu’un personnage est lesbien en utilisant de codes culturels secrets que seuls les lesbiennes peuvent rodave. C’est assez rigolo dans le cas de The Pact. D’abord, l’héroïne apparaît pour la première fois au volant d’une moto. OULALA. Puis quelque chose d’inhabituel dans la présentation du personnage nous séduit, quelque chose d’agressif et de très sexuelle, de solitaire aussi (ah, l’étrangeté d’une femme sans hommes dans une fiction américaine !). Les indices se font de plus en plus nombreux et insistants, jusqu’à ce qu’on nous crache enfin le morceau ("Are you here to fuck with her ??"). Joie. The Pact est un bon premier film, avec une final girl fièvreuse et quelques idées de mise en scène rigolotes. C’est divertissant et un peu chiant aussi, toujours un pied dans le ridicule donc forcément attachant.

 

Les plus

L’héroïne et son passé tout dark et tout chelou.  Une volonté de brancher des genres très différents entre eux avec l’espoir que ça pète: slasher, exorcism, haunting house…

 

Les moins

La momie poilue de Casper Van Dien.  Le navet qui darde à tout moment.

 

Lesbaromètre Final

On n'est clairement pas dans Slumber Party Massacre, mais les clins d'oeil lesbiens sont plutôt cute.

 

5/10

 

 

 

 

Jack and Diane

 

L’histoire

Deux personnages de filles lunaires et décalées se tournent autour de la bugne dans les rues de New-York tandis que des poils leur poussent à l’intérieur du corps pour figurer leur désir.

 

 

L’avis pédé

Cauchemar filmique absolu et véritable attrape-lesbienne fourré à la mort-au-rat, Jack and Diane est un gloubiboulgouine d’outre-espace, probablement ramassé dans les chiottes d’un cinéma de Sundance par un distributeur hétérosexuel. Attention, ceci n'est pas un film de genre, c'est un parasite qui suçote les premiers films de Gregg Araki avec un gâtisme mi-gerbant mi-triste.

 

 

Les plus

Juno Temple en pixie girl, mais seulement les cinq premières minutes.

 

Les moins

Absolument tout le reste.

 

Lesbaromètre Final

A ne conseiller à personne, pas même à sa meilleure butch.

 

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commentaires

Alix 10/10/2013 15:35


Juste pour signaler un bon bouquin qui cause (entre autres) de lesbiennes et de vampires, ici : http://dansnoshistoires.org/spip.php?article1


Merci pour tes articles que je dévore.


:)


 

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