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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 13:51

 

The_Thing_2011_affiche_teaser-200x200.jpg

L'inimitable odeur du roussi accompagnant chaque remake inutile.

 

 

 

Tout partait probablement d’une bonne intention : réaliser un vrai-faux remake de The Thing, avec Mary Elizabeth Winstead dans le rôle de Kurt Russel. Soit : remplacer l’icône testo-burinée de l’actioner 80’s par l’icône de la geek generation, la meuf à Scott Pilgrim.Un choix de casting d’autant plus ironique que la carrière de Winstead fut lancée grâce à Death Proof, dans lequel Russel, en relique épuisée du ciné-machisme, se faisait latter par une bande de cascadeuses cinglées.On sent comme une volonté de gentiment moquer Carpenter, qui malgré son tardif et supra Z Ghost of Mars (situé dans un futur pseudo-matriarcal) trimballe une filmographie excessivement couillue : c’est parfois douloureux de revoir Vampires, avec sa misogynie balancée entre ironie et complaisance (le perso de la pute). Mais faire du post-Carpenter, c’est surtout se frotter à un très Grand du cinéma : autant dire que l’équipe de ce remake ne tient pas la route une seule seconde, et que l’idée d’une relecture girly du mythe est liquidée dès les premiers plans.

 

 

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Une tentative de relecture girly parfaitement râtée.

 

 

 

The Thing – 2011 démarre en moins de 2 minutes, ne s’embarrasse d’aucune exposition, d’aucune psychologie et surtout d’aucun personnage. On voyage léger. Winstead est une paléontologue choupette, elle farfouille dans une carcasse congelée et la minute d’après, la voilà en Antarctique, entourée de 12 norvégiens barbus (plus une française un brin flippée). Grosse ambiance, le gang bang scandinave menace à chaque recoin, les deux nanas s’échangent des regards inquiets/complices pendant que les hommes vident les réserves de whisky entre deux chansons paillardes. On sent quelques tentatives pour créer des tensions de genre : l’équipe de scientifiques est dirigée par un odieux connard paternaliste obsédé par sa découverte et qui ne supporte guère de se faire contredire par Winstead devant d’autres mecs. Il faut dire que la pauvresse avait simplement ÉMIS l’idée qu’il aurait mieux fallut ne pas décongeler trop vite cet alien over griffu de 12 tonnes extrait d’une soucoupe bien glauque, SAIT ON JAMAIS ! Les plans qui suivent lui donneront raison puisque la bête se fait la malle avant d’absorber les Norvégiens un par un, à l’aide de ses saloperies de tentacules dégueus.

 

 

 

 


 

 

 

 

Les effets spéciaux sont assez beaux et il y a bien une scène où le film parvient à être effrayant, un beau moment d’angoisse dénudée qui reprend la scène de la cuisine dans Jurasic Park (une des trois meilleures de Spielberg, copiée jusqu’à la mort). Les apparitions de Winstead armée d’un lance-flamme n’ont qu’un très lointain lien de parenté avec ce qui faisait d’Ellen Ripley un personnage transgressif et, disons-le, révolutionnaire. Il faut revoir Alien (et surtout Aliens) pour mesurer tout le génie narratif et visuel de cette œuvre dans laquelle Ellen Ripley, figure d’arrière-plan, s’emparait petit à petit et triomphalement du premier rôle, pour au final devenir une icône. Elle y parvenait à force d’épreuves, d’initiatives, de cauchemars, de confrontations démentes, au point que le film d’horreur et le film d’action, dans leur forme traditionnelle masculiniste, s’en retrouvaient totalement reconfigurés. Rien n’advient dans The Thing, le personnage féminin principal reste misérablement engoncé du début à la fin dans une posture de retenue, de méfiance et de discrétion qui, au final, la sauve ( ? ), mais qui à aucun moment ne lui donnera de corps, de personnage : de forme. Mettre un lance-flamme dans les mains d’une geek ne suffit pas à transgresser les archétypes sexistes du cinéma d’action. Il manque à ce personnage quelque chose de fiévreux et de vivant, dans lequel les privilèges du premier rôle d’actioner auraient pu réellement s’incarner.

 

 

 

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"J'ai pas besoin qu'on me tienne la main!"

 

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